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Blessés en service en 2021 portés à notre  connaissance: 

  124  blessés en 2020 ,  déjà 29 blessés en 2021

Rappel: 87 en 2012, 69 en 2013, 92 et 1 mort en 2014, 84 blessés et 2 morts en 2015, 41 en 2016, 53 blessés et 2 morts en 201768 blessés en 2018. 2019 :130 blessés, 10 morts, 2020 1 mort

Cela fait 10 ans qu’il intervient dans les quartiers de Lyon (Rhône) avec le groupe d’opérations mobiles, cette brigade spécialisée de la police municipale.

Bertrand, 42 ans, était en service à La Duchère la semaine dernière. Il revient, pour la rédaction d’Actu Lyon, sur l’épisode de violences urbaines survenues dans ce quartier mercredi 3 et jeudi 4 mars au soir.

Une montée de tension en deux temps

La tension est montée en deux temps. « La première phase, c’est mercredi, le jour de l’accident de scooter, entame l’agent, on y va pour sécuriser l’intervention des pompiers pour un accident de deux roues ».

Il précise : « On va porter assistance à la victime, sans préjuger de ce qu’il s’est passé. »  Sur place se trouvent les pompiers, la police nationale et la police municipale. 

Parce Bertrand et ses collègues ont été appelés « pour protéger les pompiers. Notre priorité, c’est que le jeune s’en sorte. Notre rôle à ce moment-là, c’est d’empêcher que les secours ne soient parasités. On est obligé de repousser de pseudo-copains qui retardent les secours », raconte le fonctionnaire.

Caillassés après l’accident de scooter

Et de glisser : « Cette hostilité contre la police, on sait bien que notre image est dégradée. Mais les pompiers ? Vraiment, je ne comprends pas. Surtout que là, ils viennent sauver un ami ».

Mais la tension monte rapidement : « On a été caillassés ». Bertrand ne le sait pas encore mais les jeunes accusent la police nationale d’être responsable de la perte de contrôle du deux-roues par l’adolescent qui le conduisait. Une enquête a d’ailleurs été confiée à l’IGPN sur ce point. Sur le moment, aucune interpellation n’est réalisée :

La priorité, c'est de porter secours au jeune. On a sécurisé les pompiers et on a effectué une retraite

Fin du premier acte. Malheureusement, la tension est loin d’être retombée. Dès le lendemain, le jeudi 4 mars, la patrouille de Bertrand est renvoyée à La Duchère pour encadrer la sortie du lycée de La Martinière, à proximité duquel s’est produit l’accident de scooter, la veille.

« Là aussi, c’est surréaliste ! », estime Bertrand pour qui il ne devrait pas être nécessaire de sécuriser une sortie de cours. « On est envoyés pour sécuriser la sortie de jeunes lycéens, ceux là même qui ont choisi la bonne voie pour sortir de ce quartier, la voie des études, pas celle de la délinquance », poursuit-il.

Pour ce policier, c’est important de faire la différence : « Un jeune n’est pas synonyme de délinquant. J’en connais des jeunes à La Duchère qui ne le sont pas. Ils ont un travail, font des études, du sport, ils vivent leur vie… »

Un climat délétère

Deux véhicules et sept fonctionnaires du groupe d’opération mobile se rend donc sur place et patrouille entre le lycée et la barre d’immeubles de l’avenue Sakharov.

« Là encore, notre mission est de protéger et servir. Protéger ces gens issus des quartiers qui ont une démarche bénéfique pour la société, faire en sorte qu’ils ne soient pas victimes de vol, de racket ou d’agressions ».

A leur arrivée, « je note un climat délétère tout de suite. En arrivant de la barre Sakharov, un groupe en bande organisée ramasse des pierres quand on passe devant. Ce ne sont pas forcément des jeunes, ils n’habitent pas tous dans ce quartier, ils salissent l’image de La Duchère », fulmine Bertrand.

Des individus cagoulés « préparent un guet-apens »

Les agents décident de se fixer devant le lycée. « On observe des groupes de trois, quatre personnes visages dissimulés, qui font des aller-retours vers la place Abbé-Pierre et nous jettent des regards menaçants. On suspecte la préparation d’un guet-apens. »

Quelques instants plus tard, les policiers voient un travailleur social passer et échangent quelques mots avec lui. « On lui dit qu’on sent les personnes tendues, et il nous le confirme » détaille-t-il.

Il nous dit ensuite qu'une rumeur commence à tourner, disant que la police est coupable de l'accident de scooter de la veille. On redouble notre vigilance immédiatement Sentant la menace se préciser, la patrouille décale son point fixe et se met au niveau de la piscine, non loin du lycée, un peu en hauteur.

Un groupe de 50 individus prêts à en découdre

Au bout de quelques minutes, « le groupe de 10 personnes que nous avions repéré s’est transformé en un groupe de 50 personnes, tous ont le visage masqué par des cagoules, capuches ou écharpes ».

Le groupe semble organisé : « Certains donnent des instructions, une vingtaine est bien visible. Eux sont armés avec des grosses pierres, l’un d’eux a un caddie rempli de grosses pierres, d’autres sont armés de bâtons, de marteaux… »

Clairement, ils sont décidés à en découdre. Ils sont organisés, déterminés à nuire. A ce moment-là, j'espère que c'est la police la cible, pas les habitants

Les violences commencent rapidement. « On est pris pour cible directement par des tirs de mortiers d’artifice, on est sous un feu nourri. Trois fonctionnaires sont blessés, certains feux d’artifices explosent juste à côté de nos oreilles. C’était des tirs tendus, à 20-25 mètres, on les prenait de plein fouet ». Les agents sont également caillassés.

Et ça ne s’arrête pas là : « D’autres décident de nous charger ». Le seul moyen de les disperser selon Bertrand : « Le flashball. L’arme est peut-être décriée, mais sans ça, il y aurait pu y avoir un drame des deux côtés », confie-t-il.

« Dès qu’un individu s’apprêtait, pendant la charge, à nous tirer dessus avec une pierre, on répliquait au flashball. D’habitude, ça suffit pour disperser les foules. Là, ça les a à peine ralenti. Je n’ai jamais vu ça », souffle le policier.

Huit minutes, une éternité

Il se remémore : « On a été encerclés, acculés. Heureusement, on a pu s’extraire. Deux agents ont couvert notre retraite avec leurs boucliers et sont rentrés dans la voiture au dernier moment. Ca s’est joué à quelques secondes, ils auraient pu se faire choper et se faire tabasser ».

J'entendais sur le bouclier les impacts des pierres qui pleuvaient

L’affrontement aura duré huit minutes, qui ont semblé une éternité à Bertrand. Les violences urbaines se poursuivent, elles, dans la soirée, avec des véhicules brûlés. Dans le rang de la police, trois policiers ont été légèrement blessés. (...)

https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/violences-urbaines-a-lyon-un-policier-pris-dans-l-enfer-de-la-duchere-temoigne_40023407.html

 

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Maître PELZER Stéphane
Avocat aux barreaux de Paris et de Luxembourg
Docteur en droit public
Ancien gardien de la paix
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